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Le Petit Bonhomme sans tête à l'Île-aux-grues
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Steve-Admin
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7 juin 2014 - 20 08 26 0626
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Un étrange personnage a terrorisé pendant 30 ans la croisée du chemin du Roy et de la côte de la Haute-ville, à l’Isle-aux-Grues : le p’tit bonhomme sans tête.

Les témoignages situent son apparition au début des années 1800. Le nain sans tête, vêtu d’un habit noir et d’un pantalon gris, ne disait jamais rien et rôdait à la tombée du jour. Le dernier à l’avoir vu s’appelait Louis Lebel, qui le rencontra en revenant d’une soirée bien arrosée.

«Tentant de se débattre contre cette horrible créature qui semblait arriver de nulle part, il prit ses jambes à son cou et sauta en bas d’un cap qu’on appelle aujourd’hui le Cap à bonhomme», raconte Édith Rousseau, coordonnatrice de la Corporation de développement touristique de l’Isle-aux-Grues.

Dans son Histoire de l’île aux Grues (PDF), l’abbé Béchard mentionne la curieuse histoire que voici.

“Un spectre à forme humaine,
Maigre, pâle, et vers nous se traînant avec peine,
S’avance en nous tendant ses suppliantes mains.
Nous regardons; ses maux dans ses traits sont empreints
Sa barbe à flots épais descend sur sa poitrine:
Quelques sales lambeaux que rattache une épine,
Ses cheveux négligés tout montre un malheureux”.

Ce petit drôle était originaire de l’Ile-aux-Grues. C’est en 1810 que le Petit Bonhomme sans Tête fit son apparition sur cette île.

C’était un nain au corps replet et dont la tête était invisible. Les habits du Petit Bonhomme consistaient en un pantalon gris et une redingote noire, qu’il porta continuellement durant les trente années qu’il se montra aux regards épouvantés des insulaires. Le Petit Bonhomme n’était pas bavard, oh! non, pas du tout! On ne l’entendit jamais dire un mot.

On rapporte que la plupart des habitants de l’île, dans le temps, ont vu, au moins une fois, l’étrange petit personnage. La première personne qui l’aperçut, est Catherine Gagné ou «Catin » Gagné, comme on l’appelait dans l’île. Elle a soutenu jusqu’’à sa dernière heure qu’elle avait vu le gnome, tel que nous venons de le dépeindre. Et il en fut ainsi de plusieurs autres personnes qui, jusqu’à leur mort, comme Catin Gagné, n’en démordirent pas. On l’a vu, ce lutin, nous le répétons, durant trente ans, et en toute saison : en été, marchant, la nuit, sur l’herbe humide de rosée, l’hiver, sur la neige molle, mais ne laissant aucune trace. Il ne se montrait que la nuit. Il avait, dit-on, dans sa marche, l’allure délicate et légère d’un chat.

Quand l’abbé E. Quertier, premier curé résident de l’’île, vint s’établir dans la paroisse, il y avait bien vingt ans que le Petit Bonhomme sans tête l’avait précédé. Le bon curé s’amusa beaucoup d’abord de cette apparition persistante du farfadet, objet des racontars perpétuels de la paroisse, mais il finit par ne plus s’en occuper, et même on prétend qu’à la fin il n’était pas sans croire qu’il y avait quelque chose de surnaturel dans cette histoire.

Le Petit Bonhomme sans tête disparut en 1841, on est précis là-dessus autant que sur la date de la découvert du pays, peu après l’exploit d’un fier-à-bras de la paroisse, Louis Lebel, qu’on appelait Carleton. Une nuit, on était sous le règne du gnome, Carleton regagnait son logis après avoir veillé chez des amis. Il marchait au bord de la falaise, quand, à quelques pas de lui, il aperçut, quoi? Le Petit Bonhomme… en personne, si l’on peut dire. Un frisson d’épouvanté traversa de haut en bas et de bas en haut l’échiné de Carleton, qui en avait vu pourtant bien d’autres, à preuve les nombreuses traces de coups de poing qui apparaissaient sur son faciès.

Une frayeur sans nom s’empara de lui. Tout de même, il avança d’un pas. Le farfadet fit de même. Alors le brave Carleton, pour éviter le contact de l’apparition, n’avait qu’une alternative; se jeter en bas de la côte, haute en cet endroit de cinquante pieds et toute hérissée de rochers. Le Petit Bonhomme avance toujours ; alors la peur donne des ailes à Carleton.

Il ne fait ni un ni deux, il saute tout au bord de la falaise, perd l’équilibre et roule en bas de saillie en saillie. Le lendemain matin, on le recueillit, meurtri, ensanglanté, sans connaissance. Il revint à la vie. Et comme Catin Gagné, jusqu’à sa mort, il jura qu’il avait vu le diable…

D’après Damase Potvin, “Le Saint-Laurent et ses îles”, Éditions Garneau, 1945, Québec.

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