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L’auberge de jeunesse d'’Ottawa - La vieille prison d'Ottawa
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Steve-Admin
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8 juin 2014 - 1 01 06 0606
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C’est une auberge pas comme les autres, avec un huitième étage qu’on dit hanté par le fantôme d’un tailleur injustement pendu. Un endroit où, à une époque pas si lointaine, un touriste qui réussissait à y passer la nuit sans mourir de peur se faisait offrir une seconde nuitée gratuite. Ailleurs. Bienvenue à l’Auberge prison HI-Ottawa, sise dans l’ancien établissement carcéral du comté de Carleton. Claustrophobes s’abstenir.

ottawa-jail-1.jpg

Construite en 1860-1862 pour remplacer les cinq passoires qui tenaient lieu de cellules dans le sous-sol du palais de justice d’Ottawa, la prison de comté de Carleton se voulait un modèle carcéral. C’est-à-dire qu’elle avait fort mauvaise réputation. Surpopulation, hygiène inadéquate et petites tortures quotidiennes étaient de mise. La prison avait, pour les délinquants les plus coriaces, de minuscules cellules tambour (appelées ainsi à cause de leurs plafonds voûtés et mesurant à peine 3 pieds par 9), des oubliettes pour y placer – et oublier – en quarantaine les malades de la fièvre jaune, une aire ouverte pour l’emprisonnement de toute la famille des mauvais débiteurs. Et bien sûr, son couloir de la mort.

Des dizaines d’’exécutions

Officiellement, on n’y a exécuté que trois prisonniers. Officieusement, il y aurait eu des dizaines de mises à mort sommaires dans cette prison fermée en 1972. Lorsque la Ville d’Ottawa creusera tout proche pour construire le pont Mackenzie-King, dans les années 1950, elle trouvera un charnier de 120 cadavres.

Il y avait donc la potence officielle, avec son anneau de fer au plafond, sa trappe métallique à deux battants au plancher et sa fenêtre pouvant s’ouvrir grand sur l’extérieur pour offrir le spectacle. Et il y avait l’autre potence, l’officieuse. Une simple poutre dans la cage d’escalier, celle des deux qui n’est pas sécurisée par des grillages empêchant que quelqu’un s’y jette ou n’y soit jeté. « Nous avons donné cinq couches de peinture à cette poutre et on voit encore les marques noires des cordes », fait remarquer Nicole Levesque, qui fait visiter les lieux.

Car cette prison, aujourd’hui désignée monument historique par la Ville d’Ottawa, a obtenu un second souffle. Après sa fermeture en 1972, elle a été rachetée par le réseau Hostelling International (HI), qui en a préservé les éléments carcéraux.

Les touristes séjournent dans les cellules d’autrefois. Pour plus de confort et d’espace, on a fusionné plusieurs cellules, mais ce sont encore des grillages pris dans d’épais murs de béton qui en constituent les portes (avec des planches de bois pour plus d’intimité, quand même). Seule une lucarne grillagée en haut de la porte offre un peu de lumière à l’intérieur. On accède aux étages par les escaliers de fer mal éclairés fermés par de lourdes portes de bois cloutées. Pour égayer l’entrée extérieure, on y a planté un pilori (qui n’est toutefois pas d’époque). L’atmosphère est, il faut bien le dire, lugubre.

Lieu hanté

Le huitième étage où se trouve le couloir de la mort a pour sa part été conservé à des fins patrimoniales. Les hôtes de l’auberge peuvent le visiter sur demande. Pour les autres curieux, on y accède en réservant auprès de Haunted Walk une visite guidée des lieux hantés de la capitale. Car la prison a ceci de particulier qu’on la dit hantée par le fantôme de Patrick Whelan, l’assassin présumé du politicien Thomas D’Arcy McGee.

D’Arcy McGee est ce député fédéral de l’ouest de Montréal qui, après avoir milité pour la cause irlandaise, s’est fait des ennemis en s’opposant à l’émergence d’une république irlandaise, raconte l’historien Raymond Ouimet. « Il propose plutôt comme modèle ce qui est en train de se faire pour le Canada, à savoir une fédération. Les nationalistes le traitent de vire-capot. » Les revendicateurs irlandais les plus radicaux de l’époque, les féniens, sont assimilés à des terroristes. Aussi, quand, dans la nuit du 7 avril 1868, D’Arcy McGee est assassiné d’une balle dans la nuque sur la rue Sparks après avoir prononcé à la Chambre des communes un de ses meilleurs discours en carrière, on soupçonne immédiatement un fénien. Ça tombe bien : le tailleur Patrick Whelan en est un. On retrouve dans sa poche un revolver qui a récemment tiré ainsi qu’une boîte de cartouches.

« Tout dans le procès donne à penser que ça prenait un coupable », raconte M. Ouimet. De l’avocat orangiste qui défend contre toute attente le fénien au premier ministre John A. Macdonald qui vient assister au procès pour bien faire comprendre qu’il désire une condamnation. Qu’importe, donc, si le seul témoin du meurtre ne reconnaît pas Whelan. Ou que la dame faisant son ménage avoue avoir par accident actionné le revolver de Whelan, expliquant la balle en moins. Whelan est condamné à la pendaison.

auberge-de-jeunesse-d’Ottawa-2.jpg

Selon les diverses estimations de l’époque, entre 5000 et 10 000 personnes ont assisté à cette exécution, alors que la population de la ville totalisait environ 20 000 personnes… On présente souvent – à tort – cette pendaison comme la dernière exécution publique du Canada.

« Contrairement à ce qu’on faisait à l’époque, explique encore Nicole Levesque, il n’a pas été pendu à la 13e heure du 13e jour, mais bien à la 11e heure du 11e jour [11 février 1869]. Et son bourreau n’était pas comme il se doit à sa gauche pour conjurer le sort. » Alors, il ne faut pas s’étonner que l’âme soit torturée un brin par tout ça…

Bruits étranges

De multiples histoires circulent à propos des lieux. Des bruits étranges se feraient entendre dans l’auberge-prison. Une porte de fer se refermerait d’elle-même sans arrêt. Nicole Levesque elle-même reconnaît avoir entendu frapper à la porte pendant une visite de l’aile hantée où personne ne va plus… Et puis, il y a cette preuve irréfutable : dans la cour intérieure de la prison, de là où on peut voir la potence qu’on dit encore fonctionnelle, se produit un étrange phénomène. Chaque fois qu’un enfant y entre, il se met à saigner du nez…

Ces racontars avaient donné l’idée aux gestionnaires de l’auberge de mettre ses hôtes au défi. Quiconque réussissait à passer la nuit, enfermé comme à l’époque de 20 h à 6 h, dans une des cellules du couloir de la mort obtenait la seconde nuitée (ailleurs dans l’auberge) gratuite. « Cela a cessé il y a 10 ou 20 ans, quand les services de pompier ont su… », relate Mme Levesque.

https://www.youtube.com/watch?v=Cy5jJhxo2s0

Pour la petite histoire, la boîte de balles de Whelan a été retrouvée en 1972. Une analyse scientifique a permis de déterminer qu’elle n’était pas de même marque que celle ayant abattu D’Arcy McGee, raconte Raymond Ouimet.

Pas étonnant que Whelan en ait encore contre les vivants !

Source : Le Devoir

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